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Alors... On tourne à gauche ou à droite ?

31/05/2012 - 16:55:44

 

Et si c’était la mauvaise question ? Si on se demandait plutôt « Qui sommes-nous ? ».

 

Dans le débat de société qui anime fiévreusement nos tribunes en ce moment, on a envie de se positionner à droite ou à gauche. 

 

À droite, pour appuyer la hausse des frais scolaires, la loi spéciale qui protège ceux qui veulent étudier et continuer à vivre leur vie paisiblement sans être importuné par les manifestations, la juste part, les entreprises, le respect des lois et les injonctions, et bien sûr, le respect des décisions prises par les élus.

 

À gauche pour le gel des frais, pour dénoncer les abus contenus dans la loi spéciale, pour le respect du droit à l’expression dans son intégralité, pour protéger les acquis, pour promouvoir des valeurs sociales chéries, pour protéger les plus vulnérables.

 

Je l’admets, si nous étions en 1997, que j’étais étudiante et que nous vivions la même crise, je n’aurais pas voté pour la grève et pourtant j’ai appuyé le mouvement étudiant. Je n’aurais pas voté pour la grève car à cette époque, tout ce que je voulais, c’était de finir mon droit et de me trouver un travail. Je n’aurais pas mis le bien-être collectif des étudiants moins nantis ou l’importance de promouvoir l’éducation à mini prix avant mes propres besoins, comme l’ont fait des milliers de jeunes cette année. À l’époque, j’étais contre la hausse, mais jamais je n’aurais boycotté mes cours.  

 

C’est peut-être une minorité de jeunes qui manifestent aujourd’hui mais il faut admettre que ça prend du courage pour faire ça, non ? Donc, tout ce mouvement a commencé par une minorité bruyante et curieusement bien mobilisée. Maintenant,  ce n’est pas seulement ça. Il y a cette fébrilité dans l’air et dans nos discussions. Bref, il se passe quelque chose au Québec en ce moment ! Non ? Les gens se réveillent et s’intéressent à ce qui se passe autour d’eux, à leur société.

 

Et c’est là que j’ai envie qu’on se pose la question « Qui sommes-nous ? » Fuck le 99% ou le 1%, on ne se définit pas par notre compte en banque. Droitiste ou gauchiste ? Come on ! La politique a évolué aujourd’hui. Nous n’avons plus le choix entre capitalisme et communisme ou  démocratie et monarchie.  La démocratie, le capitalisme, ça se redéfinit avec le temps.

 

Regardez bien ces centaines de milliers de gens qui ont défilé le 22 avril et le 22 mai dernier, ainsi que ces milliers qui ont défilé avec des casseroles dans la rue pendant des jours. Regardez ces visages souriants, épanouis. Des gens propres, bien habillés, qui ont des enfants, qui payent des impôts.

 

C’est un peu comme si ces gens-là disaient à l’autorité en place : « Attends une minute. Je t’ai confié  parfois jusqu’à 48% de mon argent et toi t’as fait quoi avec ? Si t’avais investi dans quelques pommes pourries, j’aurais compris, il arrive qu’on se trompe. Mais c’est bien plus que ça. Tu as trop investi dans des choses qui ne servent pas l’humain. Bref, tu as abusé de moi, et c’est maintenant que ça s’arrête. »

 

On n’a pas à être de gauche ou de droite pour penser comme ça. Il n’y a personne qui soit pour la corruption comme les gens de gauche pensent des gens de droite et personne qui soit pour la faillite, comme pensent les gens de droite des gens de gauche. Entre corruption et faillite, il y a nous, il y a maintenant. C’est le moment de déterminer qui nous sommes au cœur de cette agitation et quel rôle nous voulons jouer pour stimuler notre économie tout en préservant les valeurs fondamentales des êtres humains que nous sommes avant tout.

 

Refuser l’inacceptable, comme c’est le choix de milliers de gens maintenant, c’est douloureux sur le coup. Ça dérange, ça réveille de vieilles chicanes, des positions démagogues, émotives et irrationnelles, mais ça ouvre aussi la porte à de meilleurs scénarios, j’en suis certaine. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça se passe aussi comme ça dans toute nos relations.  

 

Une fois que le ménage est fait, qu’on a dit ce qu’on avait à dire, qu’on s’est respecté, qu’on a fait de notre mieux, ….  On est bien, hein ? Chaque fois que je dis ça à ma fille de deux ans, elle me répond. « On est bien ensemble. » Et c’est ce que je nous souhaite à tous.

 

Face à un gouvernement pervers

23/04/2012 - 09:03:00

Avec cette blague de Charest, ce niaisage dans l'invitation de la CLASSE ou non à la table des négociations, cette rencontre qui n'en ait probablement pas une de négociation, je perçois quelque chose de pervers dans ce gouvernement. 

Un peu comme si nos dirigeants jouissaient de la situation alors qu'il n'y a pas de quoi rire. Cette pseudo-division dans les organisations universitaires, la montée de la violence chez certains manifestants et le focus des médias sur cette violence semblent servir les intérêts d'un gouvernement désintéressé par sa population étudiante.

Charest et ses complices me font penser à un mec qui jouit d'avoir fait pleurer des filles en leur promettant n'importe quoi.  Ne pas tenir ses promesses, ça arrive, mais de jouir de cette trahison et des conséquences qu'elles entraînent, c'est carrément tordu.

L'absence de doute dans l'imposition de mesures souffrantes à une population vulnérable relève de la folie.  

Dans ces cas, le seul remède est de reprendre le pouvoir qu'on leur a confié. 

 

 

Lettre à Jean Barbe, auteur, chroniqueur, activiste

07/04/2012 - 13:52:55

Tu sais, Jean. Tu m'énervais un peu ces derniers temps. Comme un chien qui vient te déranger quand tu lis un bon livre. (Les Indignés, les Indignés, ce n'est pas moi, ça. Je ne dors pas dans une tente pis il n'est pas question que je me fasse poivrer.)

Et puis, je me suis rendue compte que le chien énervant avait déterré un cadavre. Et une fois déterré, on ne peut l'ignorer. Les vers sortent de partout: l'intimidation, les gaz de schistes, Kyoto, les coupures en culture, et le top du top, la hausse.  

Je n'ai pas eu le choix de m'indigner et toi, t'étais là pour me le mettre dans la face. Au fur et à mesure que je m'indignais, une grosse boule d'angoisse s'est formée en moi. J'imagine que cette boule qui grossit, c'est ma conscience sociale.

Et là, le seul moyen de l'apaiser, c'est d'agir. Alors là, je te comprends de japper, Jean. Je te comprends. Je te remercie aussi. Maintenant, je n'ai plus peur du mot révolution. Et déjà, je sens ma boule d'angoisse s'apaiser. 

Guy Turcotte, Jean Romand et l’ex de la Top modèle Christie Brinkley

29/03/2012 - 15:26:09

Qu’ont en commun Guy Turcotte, Jean Romand et l’ex de la Top modèle Christie Brinkley ?
 
Plus qu’on ne voudrait le croire. D’abord ils déclenchent tous chez moi un puissant sentiment d'indignation.  Et c’est cette colère qui m’habite, jumelée à mes quelques observations, de même qu’à mes propres expériences qui me poussent à écrire cette chronique sur la question.
 
Ceux qui ont lu mon roman Sans Antécédents savent que j’aborde en profondeur la question du narcissisme dans le cas des séparations douloureuses. Et c’est exactement ce qui relie nos trois champions. Et quand je fais ce lien, je sais que je dérange. Les gens ne veulent pas d’explications possibles à des gestes aussi dramatiques. Ils préfèrent condamner et s’en laver les mains, une fois pour toutes.
J’y vois là une plus forte raison de m’indigner.
 
Petit historique de chacun des trois cas :
 
Jean-Claude Romand
 
Jean-Claude Romand est connu pour avoir, en 1993, assassiné sa femme, ses enfants, ses parents, tué son chien et pour avoir caché pendant dix-huit ans sa vie réelle à ses proches en les escroquant et en prétendant être médecin. Il a été condamné en 1996 à la prison à vie avec possibilité de liberation conditionnelle en 2014.
Dans le brillant roman L’adversaire, d’Emmanuel Carrère, adapté au cinéma, on découvre un homme empêtré dans l’image qu’il se fait de la réalité. Incapable d’accepter l’échec de sa vie, il préfère tuer sa famille. Mais, il tentera par tous les moyens, dans une version mielleuse pleine de demi-vérités, de démontrer que ses gestes n’étaient pas prémédités. Il aura raté son suicide et expliquera que les barbituriques qu’il voulait prendre étaient perdus quand il a voulu commettre son geste.  Même une fois condamné, il refuse encore de faire face à l’horreur de ce qu’il a fait en se réfugiant dans une vie paisible, sans remords, à titre de prisonnier modèle, dans des amitiés avec des visiteurs bénévoles, à titre de pécheur devenu fervent chrétien. Alors que tous les faits démontraient préméditation et motifs. Il a même affirmé qu’il ne comprenait pas pourquoi on ne l’avait pas démasqué plus tôt. Impliquant ainsi la responsabilité de tous dans les tristes événements. Finalement, qu’il était victime de sa dépression dix-huit ans plus tôt quand il avait commencé à mentir.  Dans les nombreuses expertises, les psychiatres ont tous affirmé que Jean-Claude Romand était très narcissique. 
 
 
Guy Turcotte
 
L’ex-médecin Guy Turcotte a tué ses deux enfants à coups de 46 coups de couteaux après avoir constaté l’échec de sa vie familiale. Il a raté son suicide après le geste et dès son entrée à l’hôpital, il s’est dédouané de ses gestes en les reportant sur son ex-conjointe, l’accusant de l’avoir rendu fou par ses comportements. Jamais il n’a assumé la responsabilité de ses gestes. Même après le drame, plutôt que de faire face à l’horreur de la situation, il a continué à faire du mal à son ex-conjointe en n'affichant aucun remord et en étant pingre à l’égard de plusieurs choses telles que les frais funéraires de ses enfants. Le verdict le plus improbable est tombé. Il a été déclaré non criminellement responsable. Plus d’un psychiatre ont reconnu chez lui des traits narcissiques importants. À plusieurs reprises, il s’est posé en victime.
 
Peter Cook, ex-mari de la top modèle Christie Brinkley
 
Peter Cook a été marié douze ans avec Christie Brinkley. Après avoir obtenu un généreux règlement de son ex, Peter a commencé une campagne de salissage, la minute où il a été clair pour lui qu’il n’aurait plus le contrôle sur elle. Il l’a ensuite harcelée et a commencé à l’atteindre en utilisant ses enfants. Le tribunal, de même qu’un psychiatre indépendant, ont diagnostiqué un trouble de la personnalité narcissique. (en anglais Extreme Malignant Narcissism).
Monsieur Cook a déclaré que Christie Brinkley était une « narcissistic ego-maniac » et parlera calmement de son aptitude en tant que narcissique à être un meilleur parent et dira qu’il est une victime de salissage de la top modèle.
Dans une entrevue au Today Show, le journaliste Matt Lauer n’a pas fait la distinction entre le diagnostique des médecins et l’accusation de l’ex-mari, mettant ainsi les deux sur le même niveau, et a carrément intimidé la top modèle en l’accusant de nuire à ses enfants, ce qui lui a attiré en tant qu'intervieweur, heureusement, bien des critiques.  Par contre, plusieurs ont réagi en n’accordant aucune crédibilité à Christie Brinkley. 
(Voir le vidéo de cette mauvaise entrevue au bas de la chronique.) 
 
Alors, ai-je besoin de vous faire un dessin ? Ça a l’air que oui. Vous direz « Mais la troisième personne n’a pas tué ses enfants !!! C’est comme mon beau-frère ou même, comme moi, car je me reconnais dans le discours de Peter Cook. » C’est justement ça le problème. C’est parce que le discours de Peter est moins confrontant que celui de la femme. Parce que si on croit Christie, il nous faut l’aider. Et on n’a pas envie de s’en mêler. Pourtant, si on en apprend un minimum sur la question (google : divorce – narcissisme - manipulateur ) on comprend aussitôt qu’il s’agit d’un phénomène d’une extrême violence, une violence qui marque bien plus les victimes que n’importe quelle tape sur la gueule.
 
C’est en constatant les réactions des gens devant ce type de séparation et le cas de la top modèle, que je comprends pourquoi on n’a pas pu éviter certains drames familiaux. C’est tout simplement parce qu’on a toléré la guerre entre deux individus alors que l’un deux était une victime. Et ce, surtout parce qu’on tolère, de l’extérieur ou chez la victime elle-même, la violence psychologique jusqu’à ce que le sang ait coulé.
 
Si on prétend être solidaire des victimes, il faut être conséquent et prendre conscience de cette réalité qui touche beaucoup de monde. (Vous en doutez ? On dit qu’entre 1 et 3 % de la population est affecté par ce trouble de personnalité qui blessera, à un moment ou à un autre, 100 % de la population.) Bref, ça pourrait être votre boss, votre ex, votre ami ou vous-même. Car oui, en plus d’être affectés, les pervers narcissiques sont inconscients de l’être.
 
La seule chose que l’on puisse faire, c’est de s’informer sur internet ou en lisant des ouvrages professionnels sur la question. Ceux de la psychiatre renommée mondialement Marie-France Hirigoyen sont mes préférés.
 
Je suis désolée d’avoir cassé votre party, mais c’était plus fort que moi.  
Je vous promets de parler de choses fleuries la prochaine fois.
En souhaitant à quiconque vit une séparation, qu’elle soit douce et empreinte de bonne foi.
 
Mon site étant toujours en construction, je vous invite, pour le moment à poster vos commentaires sur ma page Facebook.
 

Sophie Bérubé
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